La plupart des utilisateurs des réseaux sociaux ont l’impression de maîtriser leur vie privée. Ils savent que les plateformes collectent leurs données. Ils ont entendu les mises en garde concernant certaines applications. Certains ont modifié leurs paramètres. Le risque leur semble suffisamment familier pour être maîtrisable.
Mais ce sentiment de contrôle est plus fragile qu’il n’y paraît. Dans notre enquête menée auprès de plus de 1 000 utilisateurs des réseaux sociaux, seuls 46 % déclarent penser activement à leur vie privée. Et prendre des mesures pour la protéger. La majorité se situe en deçà de ce niveau. Elle s’inquiète sans agir ou ne se préoccupe que peu de la question. On le constate donc : être conscient des risques conduit rarement à passer à l’action.
La plateforme qui suscite le plus d’inquiétudes n’est pas celle qui a fait l’objet du plus grand nombre de controverses politiques. Et les craintes qui génèrent le plus d’anxiété vont désormais bien au-delà des cookies et de la publicité ciblée. Ce rapport analyse ce que les utilisateurs des réseaux sociaux redoutent réellement. Pourquoi leurs inquiétudes se traduisent si rarement par des actions concrètes. Et ce que recouvre véritablement la protection de la vie privée sur les réseaux sociaux en 2026.
L’essentiel à retenir
- Parmi tous les risques liés aux réseaux sociaux, 55 % des utilisateurs se préoccupent avant tout du risque que l’IA transforme leurs photos ou leurs vidéos en une fausse représentation d’eux-mêmes.
- 65 % des personnes interrogées citent Facebook parmi les plateformes qui les préoccupent le plus en matière de collecte de données personnelles. Soit près du double de celles qui citent TikTok (35 %).
- Une personne sur cinq (21 %) s’inquiète de l’utilisation de ses données, mais n’a pris aucune mesure pour les protéger.
- Plus d’une personne sur quatre a téléchargé une application dont elle savait qu’elle appliquait de mauvaises pratiques en matière de vie privée. Simplement parce que ses amis ou sa famille l’utilisaient.
La Gen Z est la seule génération à se méfier davantage de TikTok
65 % des personnes interrogées citent Facebook parmi les plateformes les plus préoccupantes en matière de collecte de données personnelles, soit près du double de la proportion qui cite TikTok (35 %). Pour la plupart des utilisateurs, ce résultat est probablement loin de celui auquel ils se seraient attendus.
Ces dernières années, les débats publics autour de la vie privée sur les réseaux sociaux se sont largement concentrés sur TikTok. Auditions au Congrès, projets d’interdiction et pression réglementaire ont régulièrement placé la plateforme au cœur de l’actualité. Pourtant, notre enquête montre que la plupart des adultes américains gardent davantage un œil méfiant sur une plateforme beaucoup plus ancienne et familière.
Le passé de Facebook donne pourtant aux utilisateurs de nombreuses raisons de se méfier. La plateforme s’est notamment retrouvée au cœur de la campagne de désinformation russe de 2016. Qui visait systématiquement les électeurs américains. Des enquêtes menées par le Congrès ont également montré comment les contenus publiés sur les réseaux sociaux pouvaient être utilisés à grande échelle pour influencer l’opinion publique.
Facebook autorise par ailleurs la diffusion de publicités politiques payantes, contrairement à TikTok, qui l’interdit explicitement. Pour de nombreux utilisateurs, ces préoccupations ne sont donc pas théoriques. Elles sont liées à des événements documentés concernant une plateforme qu’ils utilisent parfois depuis près de vingt ans.
La Gen Z est la seule génération à considérer TikTok comme la plateforme la plus préoccupante en matière de collecte de données personnelles. 52 % des répondants de cette génération la citent, contre 37 % pour Facebook.
| Génération | TikTok | |
|---|---|---|
| Gen Z | 37 % | 52 % |
| Millennials | 67 % | 38 % |
| Gen X | 70 % | 33 % |
| Baby-boomers | 72 % | 24 % |
Toutes les autres générations placent Facebook en tête, avec des écarts parfois importants. Pour ceux qui ont grandi avant l’arrivée de TikTok, Facebook a tout simplement eu davantage de temps pour perdre leur confiance.
Chez 1 utilisateur sur 4, le FOMO prend le dessus sur les préoccupations liées à la vie privée
Le fait de télécharger une application présentant des problèmes connus en matière de protection des données ne signifie pas forcément que les utilisateurs manquent d’information. 28 % des personnes interrogées reconnaissent avoir installé une application dont elles connaissaient les problèmes de confidentialité. Simplement parce que leurs amis ou leur famille l’utilisaient déjà. Elles connaissaient donc le risque, mais elles craignaient davantage l’exclusion de leur entourage que les conséquences d’une atteinte à leur vie privée.
Cette pression est particulièrement forte chez les plus jeunes. 49 % des membres de la Gen Z. Et 41 % des Millennials déclarent avoir déjà fait ce choix. Contre 21 % de la génération X et 12 % des baby-boomers. Lorsqu’une plateforme est celle où les amis passent plusieurs heures par jour, ne pas y être peut avoir un véritable coût social. Les campagnes de sensibilisation à la protection des données ne suffisent donc pas toujours à modifier les comportements lorsque le besoin de rester connecté l’emporte sur la crainte d’une exposition.
Des habitudes de protection encore insuffisantes
Le même décalage apparaît dans la manière dont les utilisateurs protègent les applications qu’ils utilisent déjà. Plus d’une personne interrogée sur cinq (21 %) se dit préoccupée par l’utilisation de ses données, tout en reconnaissant ne pas faire suffisamment pour les protéger.
Au cours des douze derniers mois, les mesures les plus fréquemment adoptées ont été. Supprimer l’historique de navigation ou les cookies : 45 %. Limiter les autorisations accordées aux applications : 44 %. Désactiver le suivi de localisation : 40 %.
Ces habitudes sont utiles, mais elles ne permettent pas nécessairement de contrôler tout ce qui se passe en arrière-plan pendant l’utilisation des réseaux sociaux. Seuls 23 % des répondants ont utilisé un VPN ou un navigateur privé, tandis que 19 % ont réduit leur utilisation des réseaux sociaux ou ont complètement cessé de les utiliser.
Être conscient d’un risque pour sa vie privée ne signifie donc pas forcément savoir comment s’en protéger. Beaucoup d’utilisateurs adoptent une attitude prudente sans disposer des outils ou des habitudes nécessaires pour passer réellement à l’action.
Un risque pour la vie privée lié aux réseaux sociaux passe sous le radar de la plupart des utilisateurs
Lorsqu’on leur demande quelles données les préoccupent le plus, les répondants citent en priorité celles qui pourraient avoir les conséquences les plus concrètes. Les informations personnelles sensibles, comme le numéro de sécurité sociale ou le permis de conduire, arrivent en tête avec 50 %, juste devant les informations financières (49 %). Le suivi de localisation, pourtant très présent dans les débats sur la protection des données, n’arrive qu’à 26 %.
Des données en apparence moins sensibles restent précieuses
Ces résultats montrent que les utilisateurs redoutent surtout les informations susceptibles de faciliter directement une usurpation d’identité ou une fraude financière. En revanche, certaines données couramment collectées par les réseaux sociaux — habitudes de navigation, comportement dans les applications ou activité de l’appareil — suscitent beaucoup moins d’inquiétude.
Pourtant, ces informations peuvent elles aussi avoir une valeur importante. Selon l’Electronic Privacy Information Center (EPIC), les data brokers utilisent notamment ce type de données comportementales pour établir des profils détaillés des individus. Ces profils peuvent ensuite contribuer à des décisions concernant les taux de crédit immobilier, l’accès à certaines cartes de crédit. Ou même des candidatures à un emploi, parfois sans que la personne concernée en ait connaissance.
Lorsqu’on leur demande ce qui pourrait réellement les rassurer, les utilisateurs réclament surtout davantage de contrôle sur leurs données :
- 55 % souhaitent pouvoir supprimer complètement leurs données d’une application
- 51 % veulent davantage de contrôle sur les informations auxquelles les applications peuvent accéder
- 43 % souhaitent des politiques de confidentialité plus claires
- 39 % veulent recevoir des notifications plus régulières sur l’utilisation de leurs données
- 27 % se disent intéressés par l’utilisation d’un logiciel de sécurité tiers capable de surveiller ces pratiques.
Les logiciels de sécurité sont encore souvent associés à la seule protection contre les virus. Pourtant, certains peuvent également surveiller le comportement des applications en temps réel. Et signaler des collectes de données suspectes en arrière-plan. À mesure que cette fonction sera mieux connue, elle pourrait devenir un élément supplémentaire de la protection de la vie privée.
55 % craignent que l’IA clone leur identité avant même qu’ils s’en aperçoivent
Avec l’essor de l’intelligence artificielle, les utilisateurs des réseaux sociaux font face à des menaces qui dépassent largement la simple collecte de données.
Lorsqu’on leur demande quelles utilisations de l’IA les inquiètent le plus, c’est la perte de contrôle sur leur visage et leur voix qui arrive en tête. Plus de la moitié des personnes interrogées (55 %) citent comme principale crainte le vol d’identité facilité par l’IA. Notamment la possibilité que leurs photos ou vidéos servent à créer un profil truqué capable de leur ressembler et de les imiter.
Cette inquiétude n’est pas sans fondement. Un faux profil généré par IA peut servir à diffuser de fausses informations, commettre une fraude financière, nuire à la réputation d’une personne. Ou tromper son entourage. Une enquête de McAfee indique qu’un adulte sur quatre a déjà été victime d’une arnaque utilisant le clonage vocal par IA. Ou connaît quelqu’un à qui c’est arrivé. Par ailleurs, 70 % des personnes interrogées doutent de leur capacité à distinguer une voix clonée d’une véritable voix.
Avec suffisamment de photos ou de vidéos disponibles en ligne, créer une version artificielle convaincante d’une personne devient donc plus facile qu’on ne pourrait le penser.
L’IA rend plus difficile la distinction entre le réel et le faux
La deuxième crainte concerne la « dégradation de la vérité », citée par 47 % des répondants. Elle traduit la peur d’atteindre un point où il deviendrait impossible de distinguer le réel du contenu généré sur les réseaux sociaux. À mesure que les images et les vidéos produites par l’IA deviennent plus difficiles à détecter. Il devient également plus compliqué de savoir quelles informations méritent réellement notre confiance.
La collecte invisible de données par l’IA inquiète quant à elle 34 % des personnes interrogées. Elles craignent notamment que les entreprises utilisent discrètement leurs publications. Ou leurs messages privés pour entraîner des modèles d’IA, sans qu’elles le sachent ou aient donné leur consentement.
Les arnaques par « enlèvement numérique », qui utilisent une voix clonée pour se faire passer pour un proche confronté à une situation d’urgence et demander de l’argent à sa famille. Arrivent également à 34 %. Enfin, 32 % redoutent l’ingénierie sociale automatisée. Un bot IA pourrait analyser les centres d’intérêt d’une personne avant de lui envoyer un message de phishing spécialement conçu pour la convaincre.
Des menaces plus personnelles
Ce qui relie toutes ces craintes, c’est leur dimension personnelle, bien plus forte que celle des cybermenaces traditionnelles. Un mot de passe piraté peut causer de sérieux dommages, tout comme la compromission d’un compte bancaire. Ou d’une messagerie peut avoir des conséquences financières importantes. Mais voir une fausse version de son visage, de sa voix ou de ses propos utilisée contre soi sans son consentement est d’une tout autre nature.
Beaucoup des mesures que les utilisateurs prennent aujourd’hui pour se protéger. Comme supprimer les cookies ou modifier leurs paramètres de confidentialité. Répondent à des menaces plus classiques. Elles peuvent réduire l’exposition aux risques, mais elles ne sont pas conçues pour empêcher quelqu’un de reproduire votre identité à partir de contenus publiquement disponibles sur les réseaux sociaux. Les deepfakes, le clonage vocal. Et le phishing généré par l’IA ne fonctionnent tout simplement pas selon les mêmes mécanismes.
Votre vie privée ne se protège pas toute seule
Les plateformes qui suscitent le plus de méfiance et les données personnelles que les utilisateurs souhaitent le plus protéger révèlent une même inquiétude. Ils ne cherchent plus seulement à protéger leurs comptes, mais leur identité dans son ensemble. Et les menaces deviennent de plus en plus sophistiquées.
Les logiciels de sécurité comme Panda Dome peuvent prendre en charge une partie de cette protection en surveillant les appareils en temps réel. Et en signalant les comportements suspects des applications ou les collectes de données inhabituelles. À mesure que les menaces sur les réseaux sociaux deviennent plus personnelles et plus difficiles à repérer, disposer d’une protection fonctionnant en arrière-plan constitue une première mesure concrète.
Méthodologie
L’enquête a été réalisée par Centiment pour le compte de Panda Security, du 29 mai au 1er juin 2026. Les résultats reposent sur 1 002 réponses complètes. Les participants devaient être des adultes américains âgés d’au moins 18 ans et utiliser activement les réseaux sociaux. Les données ne sont pas pondérées et la marge d’erreur est d’environ ±3 % pour l’ensemble de l’échantillon, avec un niveau de confiance de 95 %.